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Comment j’ai battu le cancer, Interview Margaux Borloz

Psychologie Réussite

Comment j’ai battu le cancer, Interview Margaux Borloz

Cet article contient un témoignage d’une jeune fille ayant battu le cancer et pourra donner de l’espoir à d’autres personnes dans cette situation.

Le cancer est un fléau concernant trop de monde sur cette planète. En-dehors des traitements habituels, la volonté de s’en sortir et la force mentale sont des facteurs déterminants de rémission. Mais comment trouver la détermination à s’en sortir lorsqu’on a 8 ans et que l’on est atteint d’une tumeur? Margaux Borloz nous livre le témoignage de son parcours et ses conseils pour battre la maladie.

Bonjour Margaux, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour, je m’appelle Margaux Borloz, j’ai 19 ans et suis en deuxième année de ma formation d’assistante en soins dans un EMS.

Sur BetterMe.ch, j’écris des articles sur l’optimisme notamment, afin d’aider les gens à rester forts et à « garder le cap » peu importe les situations qu’ils traversent. Je t’ai proposé cette interview car tu as vécu de dures épreuves au cours de ton enfance à cause du cancer. Ton courage, ta force et ta résilience sont un exemple qui pourrait servir à d’autres personnes traversant ces difficultés. Est-ce que tu peux nous raconter ton parcours ?

C’est exact, j’ai vécu une enfance très difficile car à l’âge de 8 ans j’ai découvert que j’étais atteinte d’un rhabdomyosarcome, un cancer au niveau ORL pour faire plus simple. Au début j’avais une boule blanchâtre au fond de ma joue droite et mes parents pensaient naïvement que c’était une dent qui poussait. Mais après la biopsie les médecins m’ont dit que ce n’était malheureusement pas une dent mais bien une tumeur qui s’était logée dans ma bouche.

J’ai été traitée aux HUG de Genève. J’ai fait beaucoup de séances de chimiothérapie et de radiothérapie et ne pouvais plus aller à l’école car mon système immunitaire était trop faible.

Le plus dur pendant cette période c’était la chimio. Je n’avais plus du tout de plaisir à manger alors que j’adorais ça. J’ai perdu énormément de poids, les joues creusées, les poches sous les yeux à seulement 8 ans. J’ai dû avoir une sonde naso-gastrique pour m’alimenter. Le regard des autres est aussi une des choses qui a été le plus dur pour moi. Tout le monde me regardait comme si j’étais un extraterrestre. Quand j’allais mieux, je me rappelle qu’on avait été faire les magasins avec ma maman pour nous changer les idées. Les enfants de mon âge me regardaient, mais j’ai compris que c’était normal car ils ne comprenaient pas ce que j’avais et pourquoi j’étais différente d’eux. Mais lorsqu’un grand-papa m’a dévisagé, là je n’ai vraiment pas compris. J’ai vraiment eu du mal avec ça.

Je ne pouvais plus pratiquer les activités que j’adorais: nager, sortir, aller voir mes amis, aller à l’école. Tout a changé et je suis passée de l’enfance à l’âge adulte en un clin d’œil. Fini la chimio, j’étais en rémission, tout le monde était heureux et moi j’étais la plus heureuse évidemment. Je suis allée en vacances avec ma marraine et mes cousins, tout était parfait. Jusqu’à ce que mes parents arrivent et me disent que nous devions aller à l’hôpital. Moi je n’ai pas compris tout de suite, mais le visage de mes parents et de ma famille me faisaient pressentir une mauvaise nouvelle.

En effet, la tumeur avait grossi de 2 millimètres. Il fallait tout recommencer. J’avais deux choix : aller aux USA ou à Paris pour cette grosse intervention. Nous avons choisi Paris car c’était la solution la plus proche. Je n’imaginais pas le poids de cette opération. J’avais 11 ans et je ne comprenais pas encore tout ce qu’il m’arrivait. Mon chirurgien allait donc me prélever mon péronée afin de me refaire la mâchoire (oui oui c’est bien ça). L’intervention a duré 12 heures et je me suis réveillée consciente de ce que j’avais subi deux jours plus tard. Je me rappelle que je voulais aller aux toilettes et trois infirmières sont venues pour m’aider. Je me suis agitée en pensant que j’étais assez grande pour aller aux toilettes toute seule. Je ne mesurais pas que j’étais très affaiblie et qu’il fallait y aller doucement. J’ai eu des béquilles pour la première fois de ma vie, des tuyaux partout, de nouveau la sonde et en plus une trachéotomie.

A cause de cette trachéotomie je ne pouvais pas parler. Encore une chose que j’adorais faire qui m’était enlevée ! J’écrivais sur une ardoise et lorsque mes parents ou les infirmières ne comprenaient pas ce que je voulais dire je m’énervais. Du coup il m’a fallu plusieurs ardoises car j’en ai cassé deux ou trois. Mes parents étaient dans la maison McDonald’s à 5 minutes de l’hôpital avec beaucoup de parents d’enfants malades, ce qui leur permettait de se soutenir mutuellement.

Après 2 mois d’hospitalisation j’ai pu rentrer à la maison. J’avais le visage très enflé, mais j’arrivais de nouveau à marcher et à parler. Pour la nourriture ça a été plus long car évidemment lorsque l’on vous retire et remplace la mâchoire vous ne pouvez pas manger un steak deux jours après. Ensuite j’ai encore fait de la chimiothérapie comme prévention et perdu mes cheveux une deuxième fois. J’allais mieux, je suis retournée à l’école. Mes amis et camarades de classe ne m’ont jamais embêté par rapport à ma maladie, j’expliquais toujours dès le départ comme ça c’était clair.

Par la suite, j’avais un creux très prononcé dans ma joue droite et je n’arrivais à ouvrir ma bouche que de 1 centimètre. C’était très embêtant au niveau esthétique mais surtout pour m’alimenter. Nous sommes donc retournés à Paris où l’on m’a pris un lambeau de peau vers mon épaule et en-dessous du bras gauche, pour me les greffer dans ma joue.

Une greffe de moi à moi si je peux le dire comme ça. Je devais faire beaucoup d’exercices pour rééduquer ma bouche afin de pouvoir l’ouvrir normalement et qui n’ont finalement servi à rien car le lambeau de peau se rigidifiait toujours un peu plus, ce que l’on a seulement su plus tard. Tous les 3 mois j’allais faire des contrôles aux HUG pour vérifier si quelque chose d’anormal se passait et comme cela semblait stabilisé, je n’allais plus que tous les 6 mois faire des examens. A mes 18 ans on m’a annoncé que j’étais définitivement guérie ! Je n’ai pas pleuré mais j’ai eu les larmes aux yeux… J’étais fière de m’être battue jusqu’au bout car cela n’a pas été simple tous les jours.

Quelles ont été tes principales ressources durant cette épreuve ? Qu’est-ce qui t’as permis de tenir ?

Sans hésitation mes parents ! Ma mère qui ne travaillait pas à cette époque venait tous les jours et dormait dans ma chambre lors de mes hospitalisations car un parent avait la possibilité de dormir sur un lit de camp auprès de son enfant. Tous les soirs ma mère était auprès de moi. Quand je ne dormais pas elle ne dormait pas non plus et dès que j’avais besoin de quelque chose elle allait me le chercher dans la seconde qui suivait. Elle était là tous les jours pendant des années sans rien lâcher. Et maintenant que j’y repense je ne sais pas comment elle a tenu bon.

Mon père quant à lui venait tous les jours après le travail et je faisais bonne figure devant lui. Il fallait que je me montre forte devant mon papa, comme il me l’avait appris.

Bien sûr il y avait aussi mes grands-parents, mes oncles et tantes et mes cousins. C’était compliqué car lorsque j’étais hospitalisée c’était lors de ma chimiothérapie ou de mes nombreuses infections. Mon système immunitaire étant très bas, je ne pouvais pas me permettre d’attraper de bactéries et les visites étaient restreintes. Mes amis, il m’en restait peu mais il m’en restait quand même. Et puis toutes les associations qui m’ont permis, dès que j’allais mieux, de voir d’autres paysages que les 4 murs de ma chambre d’hôpital, de changer d’air et de profiter des jours ou j’allais ‘’bien’’.

Les médecins et les infirmières qui ont eu une réelle empathie et qui m’ont très bien expliqué tout ce qu’on allait me faire en me montrant sur des dessins pour que je comprenne au mieux.

Justement, quelles ont été les associations qui t’ont apporté de l’aide ? Quel a été leur rôle dans cette aventure ?

Il y a eu « A chacun son Everest » qui m’a permis d’aller en camp à Chamonix avec pleins d’enfants comme moi. Cela nous a permis de faire de la grimpe, des randonnées, du chien de traîneau, gravir une montagne etc. Cette aventure m’a vraiment fait comprendre que d’autres enfants souffraient comme moi et je me suis dit que j’allais arriver à vaincre cette maladie. J’ai eu tellement de soutien lors de ce camp que cela m’a redonné espoir.

« Action Sabrina » (reprise aujourd’hui par l’association Children Action) m’a permis de réaliser un de mes rêves de petite fille qui était de nager avec des dauphins à Malte. Nous sommes partis avec environ une quinzaine d’enfants et adolescents dans cette incroyable aventure.

« Courir ensemble » a également exaucé un de mes vœux : aller voir plusieurs concerts des « Enfoirés » et en surprise rencontrer Jean-Jacques Goldman, Mimie Mathy, Nolwenn Leroy, Christophe Maé et pleins d’autres artistes.

Au « Kiwanis », j’ai été tirée au sort par une dame qui avait fait un don pour un enfant malade lui permettant d’aller à Europa Park, où j’ai pu inviter mes cousins et ma marraine à passer deux jours pleins de souvenirs.

Evidemment j’ai pu vivre toutes ces merveilleuses activités lors de ma rémission ou lorsque je n’étais pas en chimiothérapie et que je me sentais mieux. Je devais avoir l’accord de mes médecins et je partais sans me poser de question. Il y avait une expérience à vivre ? J’y allais !

Bien que tu sois guérie depuis plusieurs années, la maladie a-t-elle toujours un impact sur ta vie quotidienne ?

Oui, j’ai encore des cicatrices de tout ce que j’ai vécu. Mais je n’ai pas honte car cela fait partie de moi. Sinon je mange maintenant correctement, je n’ai pas de problème pour marcher. Tout va bien !

Quelles sont les leçons que tu as retirées de cette expérience ?

De ne jamais rien lâcher. Même si c’est dur, pensez à la victoire et à la fierté d’être arrivé jusqu’au bout.

Qu’aimerais-tu dire aux personnes qui traversent une épreuve similaire en ce moment ? Aurais-tu des conseils à leur donner ?

Que tout n’est pas simple, accrochez-vous ! Restez auprès des gens que vous aimez. Vous comprendrez dans ces épreuves qui est vraiment là pour vous soutenir. Dès que vous êtes bien sortez, faites les activités que vous pouvez. Car une fois dans votre chambre d’hôpital vous ne pourrez plus les faire.

Ce site s’appelle BetterMe, que fais-tu pour devenir un peu meilleure chaque jour ?

J’essaie d’arrêter de me prendre la tête pour des bêtises et de vivre au jour le jour. J’essaie d’aider du mieux que je peux les personnes qui vont mal, et suis toujours à l’écoute de mes amis et de mes patients. J’ai choisi un métier en lien avec le médical et j’aime aider les autres.

Cet article est dédié à ceux qui combattent la maladie au jour le jour ainsi qu’aux enfants que Margaux a côtoyé durant ses hospitalisations et qui n’ont pas eu la chance de s’en sortir. Afin de permettre à d’autres enfants malades de vivre un de leur rêves, je m’engage à verser à l’association Courir Ensemble (selon le choix de Margaux) 10 centimes pour chaque personne qui REJOINT MA PAGE FACEBOOK ET QUI PARTAGE CET ARTICLE.

PS: si vous souhaitez contacter Margaux Borloz pour des questions, remarques etc. veuillez passer par le formulaire de contact et je vous transmettrai ensuite son adresse.

Julien Borloz | Psychologue FSP | Hypnose | Coaching
Avenue Virgile-Rossel 10, 1012 Lausanne
079 743 85 40

Julien Borloz

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