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Comment Reconsidérer Notre Façon De S’Occuper Des Seniors

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Comment Reconsidérer Notre Façon De S’Occuper Des Seniors

Comment Reconsidérer Notre Façon De S’Occuper Des Seniors

Sujet n’ayant pas encore été abordé sur ce blog, je me suis dit que nos aînés avaient également le droit à leur place dans mes articles. Bien qu’une grande partie d’entre eux ne se soient pas totalement (voire pas du tout) convertie à Internet et aux réseaux sociaux (et ne profitera donc pas de me lire), c’est avant tout aux générations qui s’occupent des personnes âgées (la mienne et celle de mes parents) que je m’adresse.

Je me questionne régulièrement sur le bien-fondé de notre système de santé occidental où l’on « case » nos aînés dans des maisons de retraite lorsque ces derniers ne sont plus assez autonomes pour vivre seuls (du moins selon le jugement de notre société). Ce modèle étant en constante tension avec la façon plus « sudiste » ou traditionnelle qui veut que l’on s’occupe des personnes âgées en les gardant à la maison, il me semble que notre société aurait tout à gagner à trouver un entre-deux, permettant de préserver la vie privée et l’autonomie de chacun, sans toutefois « abandonner » les anciens dans des maisons de retraite.

Afin de privilégier cet « entre-deux », je vous propose aujourd’hui deux façons de modifier notre façon d’être et de s’occuper de nos aînés afin de favoriser leur santé mentale et physique ainsi que leur autonomie.

Changer notre vision de la vieillesse

Préserver la santé au travers des stéréotypes

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (oui cela paraît aujourd’hui un brin désuet) disait : « le philosophe doit regarder la vieillesse comme un préjugé ». Ce savant du 18ème siècle avait vu juste, car une étude a démontré que l’exposition de personnes âgées à des mots véhiculant des stéréotypes positifs liés au vieillissement (comme « sagesse » par exemple) provoquait une amélioration de leurs performances aux tests de mémorisation. Après avoir été exposés aux mêmes mots stéréotypés, il a été constaté que des mots véhiculant des stéréotypes positifs améliorait également la vitesse de marche de personnes âgées. Ces résultats suggèrent donc que le vieillissement n’est pas seulement une affaire de biologie, mais que les stéréotypes acquis par les personnes âgées depuis leur plus jeune âge possèdent bien une action protectrice ou délétère (suivant s’ils sont positifs ou négatifs) sur leur vieillissement mental et physique.

Que pouvons-nous changer à partir de cela ? Il semble tout d’abord important d’éduquer nos enfants en leur reflétant une image du vieillissement comme quelque chose de positif, apportant une plus grande sagesse, un plus grand savoir, une connaissance de la vie et de ses aléas offrant de plus grandes capacités à les gérer etc. plutôt que de le voir comme un phénomène dégénératif invalidant. En d’autres termes : changeons notre image de la vieillesse pour changer les capacités mentales et physiques de nos aînés (et des générations futures) à y faire face. Ce changement s’avère d’ailleurs être une nécessité dans le monde du travail, qui voit malheureusement les personnes dépassant les 55 ans comme inutilisables alors que les politiques souhaiteraient que l’on prenne notre retraite à 70 ans…Cherchez l’erreur !

Et si l’on changeait notre vision des choses et laissions leur chance aux personnes plus âgées (au même titre qu’aux jeunes prétendument « sans expérience » ) ?

Préserver la santé en voyageant dans le temps

Une recherche de Langer (abordée par Seligman dans son chef-d’œuvre “Learned Optimism” que je vous conseille vivement de lire si vous souhaitez connaître les nombreux bienfaits de l’optimisme) consistait à faire « voyager dans le temps », 20 ans en arrière, des personnes âgées vivant dans une maison de retraite. Pour ce faire, toute la décoration du home avait été changée, des journaux de l’époque étaient distribués, des anciennes émissions passaient à la télévision et les résidents avaient comme consigne de s’habiller, de discuter et de se comporter comme s’ils étaient 20 ans en arrière. Devinez quoi ? Après une semaine, les résidents montraient des améliorations dans leur force physique, dextérité, posture, perceptions, mémoire, cognitions sensibilité, au goût, ouïe et vision !

Agir pour le bien-être de nos aînés ne nécessite pas de travaux de grande envergure. Nous pouvons le faire au jour-le-jour en adoptant des attitudes visant à leur donner du pouvoir et de la confiance, en croyant en leurs capacités et en leur forme mentale et physique, afin de leur offrir immédiatement quelques gouttes d’eau de Jouvence !

Changer la façon de nous occuper de nos aînés

Le deuxième changement permettant de préserver la santé et l’autonomie des personnes âgées doit être opéré dans la façon de nous en occuper. Un des « mauvais réflexes » qu’il nous arrive souvent d’adopter, bien qu’il parte d’une volonté de bien s’occuper de nos aînés, réside dans notre tendance à vouloir trop faire « à la place » de ces derniers. « Mais reste ici, je vais te faire tes courses », « tu ne vas quand même pas y aller à pieds, c’est trop loin », « laisse-moi cuisiner, tu n’as plus l’âge de faire ça » etc. sont toutes des phrases que l’on s’est déjà probablement tous entendu dire et qui, sans qu’on le remarque, privent les personnes âgées du contrôle de leur vie. Une étude de Langer et Rodin (également discutée dans le livre « Learned Optimism ») a montré que le fait de donner la responsabilité à des personnes âgées dans une maison de retraite de choisir leur petit-déjeuner du lendemain, d’arroser leurs plantes et de choisir les films qu’elles souhaitaient regarder, les rendait plus heureuses et actives que l’autre groupe à qui l’ont imposait les petits-déjeuners, les films et dont les plantes étaient arrosées par le personnel. De plus, le taux de mortalité était également réduit dans le premier groupe, suggérant qu’avoir le contrôle sur les différents aspects de sa vie protège du désespoir et de la mort. En résumé : laissons à nos aînés le maximum de contrôle sur leur vie afin de les pousser à être actifs et préserver leur santé !

Message à retenir

Nos vies sont bien chargées, entre impératifs professionnels et vie privée, il nous semble parfois ne pas avoir du temps pour tout le monde et nos aînés peuvent pâtir de notre manque de présence. Afin de ne pas vous laisser envahir par la culpabilité, apportez-leur votre soutien par des petits gestes et un changement de votre vision et de votre attitude. Favorisez leur autonomie en leur faisant confiance et en leur renvoyant une image positive de leur condition, plutôt que de vous épuiser à vouloir prendre leur vie en charge et les priver ainsi de contrôle. De plus, transmettez cette vision aux générations futures, pour leur permettre d’interagir plus positivement avec les plus âgés et leur permettre à eux-mêmes de se voir comme des personnes indépendantes et pleines de vie lorsque leurs propres cheveux deviendront grisonnants…

Julien Borloz

Julien

Julien

2 comments

  1. A la fois passionnant et d’enjeu capital! A mon sens les personnes âgées sont avant tout victime de notre société productiviste qui dévalorise totalement celui qui ne fait pas marcher l’économie. C’est d’ailleurs pour continuer à produire à 100% que leurs enfants les placent en maison de retraite, alors que le problème serait réglé si la société nous laissait plus de temps libre en arrêtant de nous pousser à travailler d’arrache pied pour satisfaire notre besoin d’ultra-consommation entretenu par la publicité omniprésente. Comme le dit Pierre Rabhi, nous devrions apprendre de certaines tribus africaines qui elles ont très bien intégré les personnes âgée à leur fonctionnement…

    1. Merci pour ce très intéressant commentaire. On voit là en effet une fois de plus l’intrication complexe de la politique, notre vision de la famille, du travail et nos façons de les vivre.

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